BATAILLE A SEATTLE

Publié le par thierry saadouni

De retour sur mon site, après des péripéties qui m'ont vu fréquenter des lieux pas très gais. Sans le soutien de mes proches la période aurait pu être bien moins salutaire.

Le propos de cette page web n'étant pas de verser dans le mélo, j'enchaînerai donc sur les commentaires au sujet d'un film que j'ai vu récemment : Bataille à Seattle.






Celui-ci a suscité chez moi une réflexion globale sur le thème qu'il aborde : la mondialisation et ses dérives incarnée par l'organisme institutionnel qui la régit : l'O.M.C. (W.T.O. en anglais) Organisation Mondiale du Commerce.

Revenons-en au film en lui-même, il s'agit du premier passage derrière la caméra de l'acteur irlandais Stuart Townsend (Wonderland, La reine des Damnés, Nous étions libres...) qui pour l'occasion a convié un casting étoffé : sa compagne à la ville Charlize Theron, Ray Liotta, André '3000' Benjamin (d'Outkast), Woody Harrelson, Martin Henderson... Voici le pitch :




En 1999, de gigantesques manifestations se sont opposées à la tenue de la conférence de la toute-puissante Organisation Mondiale du Commerce à Seattle. Jamais l'opposition n'avait été aussi forte, aussi frontale et aussi violente.






Bataille à Seattle nous plonge au coeur de ces événements à travers le point de vue de plusieurs personnes, manifestants, policiers, délégués de l'OMC, médecins.


Ces cinq jours qui ébranlèrent le monde et marquèrent spectaculairement la naissance d'un altermondialisme planétaire livrent enfin leurs secrets et leurs enjeux.










En ce qui concerne mon avis sur ce film je vais être indulgent.

Au rayon des critiques, j'aurais préféré de la part du réalisateur un côté moins romanesque et moins hollywoodien dans le développement scénaristique des personnages. Egalement moins de caricatures dans la description des enjeux au risque de tomber parfois dans un récit orienté et manichéen : l'OMC incarnant le mal et ses opposants symbolisant l'humanisme.


Ces aspects sont heureusement relégués au second plan par le but ultime d'un brûlot de ce genre : informer et émouvoir.

En effet les oeuvres traitant de sujet polémique d'actualité se doivent, pour capter le plus large public possible et ainsi répandre leurs missives, d'être chocs et marquantes. Nous sommes dans une ère où les films engagés remportent un succès certains auprès de l'opinion publique comme le prouvent les investigations sorties en salle de notre cher Michael Moore sur le massacre de Colombine ou contre l'administration Bush, réponses attendues d'un 7ème art à l'opposé de la désinformation des Mass Medias.

D'autres réalisations américaines comme Syriana, Blood Diamond et Lord of war traitant respectivement des industries pétrolières, diamantifères et des marchands d'armes, ont perpétué cette tendance du cinéma conscient.


Pour en revenir à Bataille à Seattle, Stuart Townsend grâce à une réalisation efficace mêlant vidéos d'archives à des séquences de fiction avec mouvements de caméra furtifs et bande son travaillée, assure le show pour servir son message.

Avec l'objectif cité plus-haut dans le paragraphe, on peut dire que Bataille à Seattle remplit sa mission : porter à la connaissance du plus grand nombre.

Des informations importantes dont les problématiques sont abordées dans ce récit. Notamment l'accès aux soins des pays pauvres dépendants du bon vouloir des magnats de l'industrie pharmaceutique (le taux de vaccination des enfants est tombé sous les 50% en Afrique subsaharienne, 11 millions d'enfants meurent chaque année dans le monde de maladies pour lesquelles existe un traitement...source Médecins du Monde).


La paix et la sécurité des personnes (123 états ont ratifié le Traité de 1997 sur l'interdiction des mines antipersonnel qui font chaque année 15 à 20 000 victimes dispersées dans 90 pays, la Chine, la Russie et les USA ne l'ont toujours pas signé...source Handicap International) ainsi que la justice économique (47% de la population mondiale dispose de moins de 1$ par jour pour vivre...source OMC) sont autant de sujets primordiaux qui font s'affronter une certaine idéologie égalitaire au service de l'humain et des intérêts économiques et capitalistes incarnés par l'OMC.
 
Les événements relatés dans cette narration ont été le point de départ d'une contestation populaire de masse face à la mondialisation. Et ont préfiguré ce que l'on a pu voir à Doha, Cancun ou Hong-Kong...





A noter, la ville de Seattle a été tenue responsable de violations des droits constitutionnels de quelque 200 personnes arrêtées pendant des manifestations statiques, lors du sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) fin 1999, a estimé, mardi 30 janvier 2007, un jury fédéral.

Saisi d'une plainte au civil, lancée en nom collectif par des manifestants, ce jury a considéré que la police de Seattle, la plus grande ville de l'Etat de Washington, avait indûment opéré des arrestations à grande échelle parmi des manifestants pacifiques, assis dans un parc, à l'écart des violentes émeutes.

En l'occurrence, Seattle a violé les termes du quatrième amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui garantit les citoyens contre toute fouille ou arrestation abusive.

Le procès doit déboucher sur une phase de dommages, lors de laquelle les jurés détermineront le montant à acquitter par la ville, qui a déjà réglé 800 000 dollars (608 226 euros) en jugements et accords amiables avec d'autres plaignants dans ces affaires.

Publié dans CINEMA - TV

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